Cavaillé-Coll (1889), Roger (1890)
19 jeux, 2 claviers / pédalier
Travaux de réhabilitation de l'ancienne chapelle des religieuses de Marie réparatrice en auditorium (144 places). Restauration de l'orgue Cavaillé-Coll par le facteur d'orgues Michel Jurine. Coût total de l'ensemble du projet : 470 000 €.
Concerts d'inauguration et animations toute la semaine du 12 au 17 décembre 2011.
| Grand Orgue | Récit expressif | Pédale |
| 56 notes | 56 notes | 30 notes |
Bourdon 16
Montre 8
Salicional 8
Flûte harmonique 8
Bourdon à cheminée 8
Prestant 4
Carillon III | Viole de gambe 8
Voix céleste 8
Cor de nuit 8
Flûte octaviante 4
Octavin 2
Trompette 8
Basson-Hautbois 8
Voix humaine 8 | Contrebasse 16
Soubasse 16
Flûte 8
Flûte 4
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Accessoires : Copula, Tirasse GO, Tirasse Récit, Pédale expressive, Appel Trompette, Trémolo
Transmission clavier : Machine Barker
Transmission jeux : Pneumatique
Un peu d'histoire...
Par Françoise Clastrier, musicologue, organiste co-titulaire à l'église de Saint-Jean-de-Luz
Nous sommes à la fin du XIX° siècle à Pau, ville de villégiature très prisée par l’aristocratie européenne, aux portes des Pyrénées. La famille belge du baron Henri-Jean de Brienen, chambellan honoraire du roi des Pays-Bas, y possède une magnifique propriété. Le baron meurt jeune. Son unique héritière, Marie Caroline, entre dans une congrégation religieuse que sa tante vient de créer : la Société de Marie Réparatrice. La jeune religieuse s’installe en 1874 sur la propriété paloise de sa mère, pour y édifier le couvent des sœurs Réparatrices. Mais elle aussi décède à la fleur de l’âge, en 1882. Sa mère la fait alors enterrer dans sa propriété, puis finance l’achèvement des travaux de la Chapelle des Réparatrices. Ils sont couronnés par l’achat d’un orgue de deux claviers, qu’elle souhaite à la hauteur de son attachement à ces lieux (mère et fille seront inhumées dans la crypte de cette chapelle) : la baronne passe commande au plus célèbre facteur d’orgues de l’époque, le parisien Aristide Cavaillé Coll. L’instrument est livré en 1889 et, dès l’année suivante, la généreuse donatrice finance son agrandissement, faisant passer l’orgue de 12 à 19 jeux en le dotant d’une pédale indépendante et de jeux solistes au grand-orgue. Les travaux sont menés à bien par Michel Roger, qui avait été formé à la facture d’orgues dans l’atelier nîmois de Vincent Cavaillé Coll, frère du fabricant. C’est ainsi que Pau a la chance d’abriter l’un de deux seuls orgues Aristide Cavaillé Coll du Béarn.
La Municipalité racheta le couvent en 1996, pour y installer le Conservatoire à Rayonnement Départemental Pau-Pyrénées. La chapelle désaffectée fut transformée en auditorium… et le Conservatoire devint un des très rares établissements français à posséder un instrument historique pour l’enseignement de l’orgue. Mais ce dernier avait souffert lors des travaux de réhabilitation du couvent : il était devenu muet. La Communauté d’Agglomération de Pau Pyrénées a financé sa restauration, avec la participation généreuse de la Fondation du Patrimoine et de la Fondation Total. Le facteur Michel Jurine, dont l’atelier se trouve en région lyonnaise, vient d’achever cette minutieuse opération qui a duré près de deux ans. L’orgue a retrouvé son état d’origine, celui de 1890 : il sonne avec rondeur et poésie, pour le plus grand bonheur du professeur et des élèves organistes du Conservatoire qui l’utilisent chaque semaine.